vendredi 26 septembre 2008
une bonne main pour un bon jeu pianistique
Par Ostinato, vendredi 26 septembre 2008 à 10:45 :: les conseils du professeur
Une bonne main pour un bon pianiste
Lorsque je récupère des élèves qui ont eu la malchance de tomber sur un prof peu exigeant, ou qui ne sait pas lui-même tenir sa main, ou un « j’m’en foutiste », alors que l’élève est motivé et a les moyens de bien jouer du piano, je passe toujours du temps à essayer de lui redresser la main et les doigts en leur expliquant que si ils veulent un jour être de bons pianistes, il faut avoir une bonne main, de bons doigts, un bon poignet à la fois souples et solides.
(Pour savoir ce que j’entends par là, vous pouvez, si vous le souhaitez, aller voir la page (T 1 et 2) « la main du pianiste »).
Et je raconte que la construction d’une main de pianiste, c’est comme la construction d’une maison. Si les fondations sont faibles, les murs porteurs pas bien construits, on pourra peut-être rajouter un étage, peut-être même un second, et puis un jour, patatra, tout se retrouvera par terre, et ce sera tellement difficile à reconstruire, et on sera tellement tristes d’avoir passer tout ce temps pour un tas de cailloux, qu’on risque de tout abandonner.
Traduit pour la musique, au bout d’un certain temps, Alex, tu n’arriveras plus à progresser, tes morceaux seront toujours du même niveau, et lorsque tu t’essaieras à jouer une sonate de Beethoven ou un nocturne de Chopin, un Ragtime de Scott Joplin ou une ballade de Bill Evans, tu les massacreras car ta main, tes doigts ne suivront pas.
Alors là, deux solutions : tu te décourages et tu deviens un perdu du piano avec tout les regrets que ça implique, ou bien tu trouves la force de tout reprendre à zéro, comme je l’ai fait à 25 ans avec mon professeur madame Taccon, parce que pour moi, rien n’est plus important que la musique. Je peux te dire que ça n’a pas été facile de tout démolir pour tout reconstruire, mais sache que jamais je n’ai regretté les milliers d’heures passées à tout refaire.